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Durabilité

Entrepôts écoénergétiques

Le secteur de l’immobilier logistique traverse une période de transition réglementaire majeure. Face aux objectifs climatiques européens, les autorités régionales adaptent leurs stratégies pour accélérer la décarbonation du parc tertiaire. En Flandre, l’année 2026 marque une évolution dans la gestion des actifs immobiliers : la politique d’incitation financière laisse largement la place à un régime d’obligations strictes pour le non-résidentiel, tandis que les primes résidentielles perdurent.

Historiquement soutenus par diverses subventions publiques, les propriétaires et exploitants d’entrepôts doivent désormais assumer l’entièreté des coûts liés à l’amélioration de leur performance énergétique. Selon les directives établies par le VEKA (Vlaams Energie- en Klimaatagentschap), ce changement de paradigme se traduit par la suppression des aides directes pour les professionnels au profit d’exigences techniques incontournables.

Ce basculement impose aux gestionnaires immobiliers une révision complète de leurs plans de dépenses en capital (CAPEX). L’objectif premier des travaux d’optimisation n’est plus de viser une rentabilité accélérée grâce à l’injection de primes, mais de garantir la stricte conformité légale des bâtiments afin de maintenir leur droit d’exploitation sur le marché flamand.

Quelles aides directes disparaissent en 2026 ?

L’évolution de la politique énergétique flamande s’est matérialisée par un calendrier de suppression des subventions particulièrement resserré au cours du premier semestre 2026. Les entreprises sont désormais confrontées à un environnement de financement exclusif sur fonds propres ou crédits bancaires.

Quand le guichet Mijn VerbouwPremie ferme-t-il ?

Le changement le plus significatif concerne le dispositif principal d’aide à la rénovation. Depuis le 1er mars 2026, qui investit dans un bâtiment non résidentiel en Flandre n’a plus droit à Mijn VerbouwPremie pour une demande de prime. Par ailleurs, la prime flamande de démolition et reconstruction est supprimée pour les permis d’environnement approuvés à partir du 1er janvier 2026. La prime peut encore être demandée dans les 3 mois suivant l’approbation du permis (et au plus tard le 31 mars 2026).

La fin de ces aides oblige les investisseurs B2B à recalculer intégralement le retour sur investissement (ROI) de leurs projets de modernisation, l’amortissement devant désormais s’appuyer uniquement sur les économies d’énergie générées par les nouvelles installations.

Quelles sont les dérogations pour la prime EPC-label ?

Dans la foulée de cette première restriction, les autorités flamandes ont mis un terme au mécanisme récompensant l’amélioration globale du score énergétique. La prime EPC-label est entièrement arrêtée à partir du 1er juillet 2026, à l’exception des dossiers déjà enregistrés auprès de Fluvius. Plus aucune nouvelle déclaration ne peut être introduite, réservant le versement des fonds restants aux seuls maîtres d’ouvrage ayant initié leurs démarches administratives avant cette date butoir.

Cette conjonction d’échéances illustre un changement important pour le secteur logistique : les exigences de rénovation s’intensifient au moment précis où les leviers de financement public disparaissent.

Quelles sont les nouvelles règles pour le certificat EPC NR ?

La certification énergétique des bâtiments non résidentiels (EPC NR) constitue la pierre angulaire de la stratégie de contrôle du VEKA. Contrairement aux anciens certificats basés uniquement sur des modélisations théoriques, l’EPC NR intègre une composante concrète et mesurée. Il évalue la performance énergétique globale du bâtiment selon une méthodologie standardisée incluant l’isolation, les systèmes de chauffage, le refroidissement, la ventilation et l’éclairage.

Pourquoi le seuil a-t-il été abaissé à moins de 1000 m² ?

Jusqu’à récemment, l’attention réglementaire se portait principalement sur les vastes complexes logistiques. Les grandes unités non résidentielles dépassant les 1000 m² faisaient déjà l’objet d’obligations de certification strictes lors d’une vente ou d’une location. La nouveauté du cadre légal actuel réside dans l’abaissement délibéré de ce seuil, visant à intégrer les structures plus modestes, souvent occupées par des PME, des grossistes ou servant de centres de distribution du dernier kilomètre.

À partir du 1er janvier 2026, chaque unité de bâtiment non résidentielle avec une surface utile inférieure à 1000 m² (catégorie auparavant exemptée) doit désormais disposer d’un EPC NR, indépendamment de la vente, d’un autre transfert ou de la location. Cette disposition supprime définitivement l’échappatoire qui consistait à éviter l’audit énergétique en conservant le bâtiment en dehors du marché immobilier.

Quelles sont les conséquences pratiques pour l’exploitation ?

Pour un entrepôt, cela implique de cartographier avec précision les consommations liées à l’éclairage intensif, aux aérothermes industriels et aux éventuelles infrastructures de réfrigération. Le non-respect de cette obligation expose désormais les propriétaires à des sanctions administratives de la part de l’agence flamande de l’énergie, même si le bâtiment est occupé par son propre propriétaire depuis des années.

Comment s’applique l’obligation BACS aux systèmes CVC ?

Parallèlement aux exigences de certification, la Flandre impose des standards technologiques très précis concernant la régulation des flux d’énergie. La directive européenne sur la performance énergétique des bâtiments (EPBD) a été transposée sous la forme d’une obligation d’installer des systèmes d’automatisation et de contrôle, connus sous l’acronyme BACS (Building Automation and Control Systems).

Quels bâtiments sont concernés par le seuil de 290 kW ?

Dans l’immobilier logistique, où les déperditions thermiques peuvent être massives lors des opérations de quai, la gestion fine du chauffage, de la ventilation et de la climatisation (CVC) est un impératif technique. Les bâtiments non résidentiels équipés de systèmes de chauffage et/ou de climatisation d’une puissance nominale supérieure à 290 kW doivent disposer d’un système d’automatisation et de contrôle des bâtiments (BACS) depuis le 31 décembre 2025.

Ce seuil de 290 kW couvre la majorité des centres logistiques de grande envergure. Un système BACS conforme va bien au-delà d’une simple programmation horaire. Il centralise les données, permet un zonage thermique précis (par exemple, différencier les quais de déchargement des espaces de stockage palettisés) et surveille l’efficacité globale pour alerter automatiquement les équipes de maintenance en cas de dérive de consommation.

Que prévoit la réglementation BACS pour 2029 ?

Les gestionnaires de portefeuilles immobiliers doivent dès à présent anticiper la prochaine étape de ce déploiement. Au plus tard le 31 décembre 2029, le seuil de l’obligation BACS sera abaissé à 70 kW, rendant cette obligation applicable à un plus grand nombre de bâtiments non résidentiels.

Cette réduction drastique du seuil touchera de plein fouet les entrepôts de taille moyenne. D’un point de vue architectural et technique, il est donc fortement recommandé d’intégrer une architecture de Gestion Technique du Bâtiment (GTB) modulaire lors de tout remplacement de chaudière ou de pompe à chaleur effectué aujourd’hui, afin d’éviter des surcoûts d’adaptation à l’approche de 2029.

Conclusion : Quel avenir pour la gestion énergétique des entrepôts en Flandre ?

L’approche flamande en matière d’immobilier logistique démontre une volonté claire d’accélérer la transition écologique. En substituant une grande part des incitants financiers historiques par des obligations fermes de certification et de pilotage technique, la Flandre transfère la responsabilité de l’efficacité énergétique directement sur les épaules des acteurs économiques privés.

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